
Avant / Après
Villa privée
Projet de réhabilitation
Maître d'ouvrage
Privé
Localisation
France
Année
2023
Budget
1,28M

Avant d’être maison, elle fut ferme. Une bâtisse du XVIIIᵉ siècle, enracinée dans la terre de Saint-Jean-de-Luz, façonnée par le travail agricole et le passage des saisons. Rien de spectaculaire, aucune ostentation architecturale : seulement une présence humble, patiente, habitée par le temps. Le projet est né de cette discrétion même : révéler sans embellir, retrouver l’évidence d’une maison basque tout en lui offrant une nouvelle respiration.
Au fil du chantier, la maison a livré un secret. En son cœur se dressait encore un poteau cylindrique de pierre, vestige fondateur soutenant autrefois la poutre maîtresse. Témoignage silencieux de la structure originelle, il a été conservé comme une colonne de mémoire, un axe autour duquel s’est réorganisé l’ensemble du projet. Autour de lui, la maison a été entièrement reconstruite : certains murs porteurs ont été préservés, mais la charpente et les planchers ont été déposés, libérant la bâtisse de ses anciennes contraintes. La façade, comme les volumes intérieurs, devient alors une composition nouvelle, réinterprétation contemporaine d’un langage vernaculaire.
Les planchers anciens, récupérés et patinés par le temps, reposent désormais sur des corbeaux de pierre d’Uzurbil, taillés dans la carrière d’Antzuzelai. La charpente, les poutres et les poteaux sont composés exclusivement de bois ancien réemployé, assemblé avec soin. Chaque pièce porte la trace d’un passé antérieur ; cette stratification invisible donne à l’ensemble sa densité et sa gravité.






À l’intérieur, les espaces s’ouvrent et se déploient. Les circulations ont été entièrement redessinées dans une continuité de chêne, présent dans les cloisons, les portes et les planchers. Ces derniers, collés sur chape et traversés par un chauffage au sol, diffusent une chaleur douce et silencieuse, presque imperceptible, comme un prolongement naturel de la matière.
Pour permettre à la maison de s’ancrer plus profondément encore dans le sol, les fondations ont été renforcées par une vaste paroi moulée. Les terres ont ensuite été excavées à l’Est et au Nord, révélant de nouveaux espaces souterrains dédiés au soin du corps et au fonctionnement de la demeure : piscine intérieure, salle de fitness, sauna, hammam, buanderie, chaufferie, locaux techniques et garage.




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Boulodrôme

Pavillon japonais

Le jardin est pensé comme un récit d’eau. Les eaux pluviales deviennent la matière vivante du projet paysager. Un ruisseau de galets naît d’une résurgence creusée au cœur d’un rocher massif, puis accompagne la terrasse, la piscine et une succession de bassins. L’eau déborde ensuite le long d’un escalier de pierre, descend vers le potager et l’irrigue naturellement. Chaque goutte suit un parcours lisible, presque rituel, reliant la maison à la terre nourricière.
Architecture, paysage et eau composent ainsi un ensemble indissociable : une maison qui ne s’impose pas, mais s’inscrit, humblement et durablement, dans le rythme du vivant.

La piscine, longue de vingt mètres, s’insinue sous la terrasse du rez-de-chaussée. Depuis la salle de fitness, le regard traverse l’eau et se prolonge vers le paysage extérieur, brouillant la frontière entre intérieur et jardin. L’ancien poulailler a disparu au profit d’une maison de gardien et d’une maison d’accueil pour les invités, prolongeant l’esprit domestique du lieu dans une constellation de petites architectures.
Devant la piscine, un jardin d’hiver renaît à partir de fragments de menuiseries anciennes récupérées. Ce lieu de transition, entre dedans et dehors, capte la lumière et les saisons. Un petit temple japonais s’inscrit discrètement dans le jardin, introduisant une dimension méditative au paysage.

Hammam

Poulailler




